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APPEL POUR SAUVER LES ARCHIVES NATIONALES

publié le mardi 25 mai 2004 par WEBMASTER site CGT UD du CHER

A l’initiative de la section C.G.T. des Archives de France

APPEL POUR SAUVER LES ARCHIVES NATIONALES

Les Archives nationales ont été créées par le décret du 12 septembre 1790 et leur ouverture au public sans restriction ni discrimination proclamée par la loi du 7 messidor an II (25 juin 1794). Elles sont, deux siècles après, gravement menacées dans leur existence.

En effet, le président de la République, Jacques Chirac, a annoncé le 9 mars dernier la construction d’un sixième centre d’Archives nationales (après ceux de Paris, Fontainebleau, d’Aix-en-Provence, d’Espeyran et de Roubaix) à Pierrefitte, en Seine-Saint-Denis.

Certes, on ne peut que se féliciter d’une telle décision, attendue depuis tant d’années par le personnel, par les chercheurs, par les étudiants, par les historiens, les généalogistes et les citoyens en général. Rappelons que les bâtiments des Archives nationales sont actuellement totalement saturés, que les conditions de conservation des documents et de travail y sont indignes, laissant craindre une catastrophe patrimoniale majeure à court terme.

Une fois l’effet d’annonce passé, pour que le tableau soit complet, il faut que le regard ne soit pas superficiel et qu’il aille au fond des choses.

Ainsi, le nouveau centre de Pierrefitte qui doit voir le jour début 2009, est prévu pour une surface totale de 78 445 m2 (dont 70 745 m2 de magasins et 7 700 m2 de locaux d’accueil, de consultation, de bureaux et d’ateliers). Il disposera sur le site d’une capacité de stockage de 320 kilomètres linéaires pour collecter, conserver et valoriser, pour les 30 prochaines années, les archives centrales de l’Etat depuis 1790. Le coût est évalué à 119 millions d’euros.

Il est donc prévu pour être le plus grand, le plus important centre d’Archives de France, et probablement d’Europe. Avec combien de personnels ? Avec, vous avez bien lu, zéro création de postes budgétaires quelle que soit la filière, administrative, scientifique, de documentation, d’accueil de surveillance et de magasinage, métiers d’arts, ouvrière et technique !

Alors, d’où viendront les personnels ? Eh bien, d’autres centres, en particulier celui des Archives nationales de Paris et celui de Fontainebleau. En conséquence, le nouveau centre, à moins d’être dès l’origine un vaisseau fantôme, sera constitué par des redéploiements plus ou moins forcés de personnels, par des incitations plus ou moins forcées aux mutations, par un recours à du personnel précaire (vacataires, contractuels, CDD…) et par la privatisation de certaines missions.

CITOYENS, SALARIES, ETUDIANTS, CHERCHEURS, HISTORIENS, INTELLECTUELS, GENEALOGISTES

Le fonctionnement de ce nouveau centre de Pierrefitte est donc prévu à partir du dépeçage des autres centres d’archives. Il est évident que, sans créations d’emplois, les missions de conservation et de communication ne seront pas plus correctement assumées à Pierrefitte qu’à Fontainebleau et Paris. En réalité, pour qu’il soit viable, pour qu’il existe et accueille correctement les lecteurs, pour qu’il soit à même d’exercer ses missions de centre d’archives, il faut, au bas mot, la création de

250 postes budgétaires et statutaires !

Ce ne sont malheureusement pas les demandeurs d’emploi qui manquent dans ce pays, et ce à tous les niveaux et dans toutes qualifications !

De plus, MM. Chirac et Aillagon ont prévu de changer la nature juridique des centres d’Archives nationales de Paris, Fontainebleau et Pierrefitte en un Etablissement public à caractère administratif (E.P.A.). Pourquoi ? Parce que les E.P.A. permettent l’embauche légale d’un volant important de personnels précaires (vacataires, contractuels, C.D.D…). Les exemples des E.P.A. du Musée du Louvre (40 % de précaires sur un effectif total de 2 042 agents) et de la Bibliothèque Nationale de France (suppression de 332 postes de fonctionnaires titulaires entre 1996 et 2003 !) sont éloquents.

Il y a donc un lien étroit, logique et implacable entre la création d’un E.P.A. “Archives” et la volonté de construire un nouveau centre sans créations de postes statutaires.

Ainsi, comme la recherche, l’enseignement ou la culture en général, les Archives nationales sont frappées par la “rationalisation” et la “rentabilisation” alors qu’elles sont un patrimoine national irréductiblement opposé aux lois de l’économie de marché.

Refuser de créer des postes en nombre suffisant, refuser de pourvoir les postes actuellement vacants, procéder à des redéploiements de personnel, c’est à court terme asphyxier les Archives nationales et vouer ce patrimoine qui est notre mémoire historique (et aussi, ne l’oublions pas un service public indispensable à la population pour la reconnaissance de certains droits, nationalité, carrière, succession, actes notariés, etc…) à la disparition pure et simple. Nous, personnel des Archives nationales, de toutes filières et de toutes catégories, administrative, scientifique, de documentation, d’accueil de surveillance et de magasinage, métiers d’arts, ouvrière et technique, ne l’acceptons pas.

Derrière chaque mètre linéaire d’archives, il y a des hommes et des femmes qui travaillent à leur préservation pour l’histoire et à leur communication au public.

Citoyens, salariés, étudiants, chercheurs, historiens, intellectuels, généalogistes, nous vous appelons à signer notre pétition adressée au ministre de la Culture


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